Réseau scientifique TERRA
Menu

_Accueil > Publications de TERRA > Collection "Synthèses"

N°3 - Audrey VAN ERKELENS

"Comment est géré un Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile lorsqu’il donne lieu à une convention entre l’Etat et une association ou une entreprise ?"

Cette note de synthèse a été réalisée dans le cadre de la formation délivrée par le DESS Administration du politique de l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1) : http://www.univ-paris1.fr/article42... L’université n’entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans ces documents. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs.

Citer cet article : A. Van Erkelens, "Comment est géré un Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile lorsqu’il donne lieu à une convention entre l’Etat et une association ou une entreprise ?", TERRA-Ed., Coll. "Synthèses", dec. 2005 : http://terra.rezo.net/article442.html

Introduction Rappels historiques C’est en 1973, avec l’arrivée des réfugiés Chiliens, que se créent les prémices du dispositif national d’accueil (DNA). L’élargissement de l’article 185 du Code de l’aide sociale permet alors de financer des dispositifs d’hébergement destinés aux réfugiés. D’abord destinés aux Chiliens, les premiers centres provisoires d’hébergement (CPH) ouvrent à leur arrivée. En 1975, l’Etat délègue à France terre d’asile la coordination du dispositif. Celui-ci est étendu progressivement aux réfugiés de toutes origines par le décret du 15 juin 1976. A ce premier système vient s’adjoindre un second, réservé aux réfugiés du Sud-Est asiatique, mis en place dès 1975. Les deux dispositifs se rapprochent progressivement pour totaliser ensemble 5 500 places, réparties dans quelque deux cents centres. A partir des années 1985-1986, la capacité de ce dispositif est réduite à 2 500 places, avec l’arrêt des arrivées en provenance du Sud-Est asiatique. Les demandeurs qui ne sont pas hébergés en centre peuvent, à partir de 1978, percevoir l’allocation minimale des Assedic (allocation d’insertion). Le système de gestion des demandeurs d’asile ne s’unifie véritablement qu’en 1985, au moment où l’augmentation soutenue des arrivées et les délais de plusieurs années pour le traitement des dossiers à l’OFPRA commencent à créer les conditions des problèmes que rencontre aujourd’hui encore le DNA. En effet, entre 1980 et 1990, le taux de reconnaissance de la qualité de réfugié s’inverse, passant de 80 à 20 %.

L’année 1991 marque une étape importante pour les demandeurs d’asile et les réfugiés, avec la promulgation de deux circulaires : celle du 26 septembre 1991 qui supprime l’accès au marché de l’emploi pour les demandeurs d’asile et celle du 19 décembre 1991 qui modifie le DNA en distinguant deux types de centres (les centres provisoires d’hébergement – CPH – dédiés aux personnes qui ont obtenu le statut de réfugiés et le centre d’accueil pour demandeurs d’asile – CADA – pour les demandeurs d’asile). La première décision a pour effet de limiter l’accueil communautaire, qui s’assortissait souvent de contributions financières permettant une meilleure répartition des charges des familles d’accueil. Ainsi, à partir du début de l’année 1992, on peut dire que les nouveaux arrivants, s’ils ne sont pas hébergés en centres d’accueil, sont objectivement incapables de survivre par des procédés légaux. L’allocation d’insertion versée aux seuls adultes pendant douze mois uniquement, quel que soit le nombre d’enfants à charge, ne suffit évidemment pas. D’autant que plusieurs mois sont nécessaires pour la percevoir en raison des délais d’accès aux procédures que pratiquent, souvent par surenchère, les préfectures (ils peuvent aller jusqu’à un an). Pendant tout ce temps, hormis la CMU , les droits des demandeurs d’asile sont inexistants.

Définition générale des CADA Le système d’accueil français offre actuellement deux possibilités aux demandeurs pendant la période d’instruction de leur demande : l’hébergement dans un centre où ils sont pris en charge au titre de l’aide sociale de l’État, ou l’attribution au demandeur, pendant douze mois, d’une allocation d’insertion versée par les ASSEDIC, afin qu’il puisse faire face au coût de son hébergement. Un CADA est un centre d’hébergement spécialisé dans l’accueil des demandeurs d’asile. Depuis le décret du 3 juillet 2001, c’est juridiquement un CHRS (centre d’hébergement et de réinsertion sociale). Son fonctionnement est régi par des circulaires émanant du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité. Il est financé par l’Etat au titre de l’aide sociale, le contrôle budgétaire est assuré par la DDASS et il est géré par une association ou une entreprise. Depuis janvier 2004, avec la disparition de l’asile territorial et la création d’une protection subsidiaire, tous les demandeurs d’asile peuvent prétendre à un accès en CADA, alors qu’autrefois, il était réservé aux seuls demandeurs d’asile conventionnel.

La problématique de la gestion des CADA est d’accueillir dignement les demandeurs d’asile, sans toutefois faire de la France une terre attrayante afin que la demande d’asile baisse.

I / L’admission en CADA

1 – Développer les capacités d’hébergement en CADA

Un effort considérable de mise à niveau du DNA Le dispositif national d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile a été confronté au défi que constitue l’accroissement très important du nombre de demandeurs d’asile depuis 1999. Le réseau des CADA est devenu largement insuffisant pour accueillir l’ensemble de la population des demandeurs d’asile n’ayant d’autre choix que celui d’être hébergés par les structures sociales. Or, l’insuffisance des places de CADA conduit à placer des demandeurs dans les structures d’hébergement d’urgence et à recourir au secteur privé hôtelier, ce qui non seulement coûte cher à l’Etat mais encore est néfaste pour les demandeurs d’asile qui, ne bénéficiant pas des modalités d’accompagnement social et administratif qui existent en CADA, ont moins de chances d’obtenir le statut de réfugié . Ainsi, sous la pression associative relayée au niveau de la DPM par les DDASS, un effort considérable de mise à niveau du dispositif a été fait : on est passé de 3588 places en CADA en 1998 à 17 689 aujourd’hui. Le développement des capacités d’hébergement pérenne des demandeurs d’asile doit encore se poursuivre dans le cadre du projet de loi de programmation pour la cohésion sociale. L’objectif retenu porte sur une offre de 20 000 places dans les CADA en 2007.

La signature d’une convention entre l’Etat et une association La création d’un CADA donne lieu à la signature d’une convention entre l’Etat (représenté par le Préfet ou par délégation, par le Directeur Départemental des Affaires Sanitaires et Sociales) et l’association ou l’entreprise sélectionnée. Celle-ci doit justifier d’une expérience dans le domaine de la prise en charge des demandeurs d’asile ou dans un domaine proche. Le préfet n’est pas obligé de consulter le maire pour installer un CADA dans une ville mais généralement, dans les petites communes notamment, l’Etat préfère avoir son accord afin que l’ouverture du CADA se passe dans de bonnes conditions. Les crédits alloués aux CADA sont votés en Loi de finances initiale . La DPM les répartit entre les DDASS en fonction des places ouvertes et à ouvrir dans chaque département. Quand une DDASS veut créer de nouvelles places d’accueil dans son département, elle lance un appel à projets. Les associations lui font parvenir leurs projets, elle en sélectionne puis les fait avaliser par la DPM. Tout projet de demande d’ouverture de places de CADA ou d’extension d’un CADA existant doit passer en CROSM (Comité régional de l’organisation sociale et médico-sociale), qui s’occupe de mettre en conformité les projets par rapport aux normes requises.

Tableau récapitulant le nombre de places en CADA, le nombre de CADA, le nombre de demandes d’asile et le taux global de reconnaissance du statut de réfugié pour les années 1998 à 2005 .

1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 Nombre de places en CADA 3 588 3 781 4 756 5 282 10 317 12 480 15 460 17 689 Nombre de CADA 61 63 73 83 151 181 222 Demande d’asile totale 22 463 30 807 38 747 47 291 58 987 61 993 65 614 Taux global de reconnaissance du statut de réfugié 16 % 18,0 % 16,9 % 14,8 % 16,6 %

2 – Vers une prise en compte des spécificités locales.

Rappel du système antérieur (existant avant le 1er janvier 2004) Une Commission nationale d’admission (CNA), présidée par le représentant du ministère de l’Emploi et de la Solidarité (un membre de la Direction de la Population et des Migrations, DPM) et composée de représentants de la DPM, de l’association FTDA et du SSAE, décide des personnes qui peuvent bénéficier d’une entrée en CADA. Elle se réunit toutes les semaines, et prononce des admissions en fonction des places disponibles qui ont été transmises par les CADA de toute la France au secrétariat , qui est assuré depuis 1973 par France Terre d’Asile. Des Commissions départementales d’admission et d’orientation sont chargées de proposer au représentant de l’Etat l’admission des demandeurs d’asile dans le (ou les) CADA du département dans la limite de 25 % des places du CADA, de hiérarchiser les demandes d’hébergement enregistrées localement et de proposer à la Commission Nationale d’Admission (CNA) les priorités d’admission de demandeurs d’asile dans le dispositif national (DNA).

Depuis le 1er janvier 2004 , le dispositif d’accueil connaît un fonctionnement rénové qui répond à un souci de responsabilisation des acteurs locaux par une déconcentration accrue des décisions et des moyens. S’agissant de la création de places nouvelles, la programmation s’exerce désormais dans un cadre régional. Les objectifs quantitatifs, déclinés dans ce cadre, tiennent compte de la nécessité de mieux répartir la capacité d’accueil sur l’ensemble du territoire. En 2004, l’offre de places de CADA couvre la totalité des départements. S’agissant des décisions d’hébergement dans ces centres, 70 % des places en CADA sont attribuées de manière déconcentrée mais des mécanismes de solidarité nationale demeurent indispensables en raison de déséquilibres existants entre la localisation des arrivées de demandeurs d’asile et celle des capacités d’hébergement. C’est pourquoi des contingents d’admission tenant compte à la fois de ces capacités d’hébergement et de la pression exercée par la demande d’asile, sont régulièrement notifiés aux régions par l’administration centrale (sauf pour la région Rhône-Alpes qui dispose, à titre expérimental, de la totalité de ses places d’hébergement) et que la CNA garde une réserve d’un tiers de la capacité globale d’hébergement pour répartir de manière plus équilibrée les admissions sur l’ensemble du territoire. Depuis le 1er janvier 2004, la gestion de ces mécanismes de régulation et l’animation du dispositif ont été confiées à l’OMI, devenue en 2005 l’ANAEM .

3 – Les critères d’admission en CADA

Le demandeur d’asile doit être identifié comme tel administrativement. = Il doit être en possession :
- d’une autorisation provisoire de séjour (APS) d’un mois en vue de démarches auprès de l’Ofpra
- d’un récépissé constatant le dépôt d’une demande de statut de réfugié d’une durée de trois mois valant autorisation de séjour. Le demandeur d’asile doit répondre aux critères d’admission à l’aide sociale. = Il doit être sans ressources suffisantes et sans logement.

Dès lors que les personnes réunissent les conditions d’admission, la CNA propose leur entrée dans le dispositif en fonction de l’appréciation d’urgence sociale de la situation et en tenant compte des priorités suivantes :
- 1/ primo-arrivants (1ère demande de statut, n’ayant pas déjà bénéficié de prise en charge dans le DNA ou n’ayant pas refusé de proposition d’hébergement).
- 2/ familles avec enfants en bas âge.
- 3/ jeunes majeurs isolés (entre 18 et 20 ans).
- 4/ sur avis médical, demandeur ayant des problèmes de santé mais ne nécessitant pas un accueil médicalisé.
- 5/ femmes seules.
- 6/ demandeurs en réexamen n’ayant pas été hébergés ou n’ayant pas refusé d’hébergement dans un centre du DNA au titre de leur première demande. Le demandeur ne doit pas avoir reçu de réponse de l’OFPRA.

II / Le fonctionnement d’un CADA

1 – Les missions d’un CADA

D’après la circulaire MES/DPM n° 2000-170 du 29 mars 2000 relative aux missions des centres d’accueil pour demandeurs d’asile, les missions d’un CADA consistent en :

ð l’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile Lors de leur entrée dans le CADA, les demandeurs d’asile et leurs familles doivent accepter et signer un contrat de séjour et le règlement intérieur du centre. Ceux-ci doivent leur être présentés dans la langue qu’ils maîtrisent le mieux ou par l’intermédiaire d’un interprète. Le non-respect de ces documents peut être sanctionné par l’exclusion du centre des personnes concernées, décidée par le responsable du centre, après accord de la DDASS. Le centre prend en charge les frais liés au logement et à la nourriture, à la demande d’asile (frais d’interprétariat, frais de transport pour se rendre aux convocations de l’OFPRA et de la CRR…) et une partie de ceux liés à la scolarisation des enfants (assurances, cantines scolaires sous réserve d’une participation financière des familles…). Il verse une Allocation Sociale Globale (ASG) dont le montant dépend de la composition familiale et du mode de restauration du centre (individuel ou collectif) . Il peut verser une aide ponctuelle à l’arrivée et une aide vestimentaire. La durée du séjour est limitée à la durée de la procédure devant l’OFPRA et le cas échéant à la durée de la procédure devant la CRR. Elle peut être étendue pendant les démarches auprès de l’ANAEM dans le cadre d’un retour au pays d’origine.

ð l’accompagnement administratif, social et médical Selon l’association France Terre d’Asile, le taux de reconnaissance du statut de réfugié oscille entre 60 et 70 % pour les demandeurs logés en CADA alors que la moyenne n’est que de 15 %, ce qui montre pour l’association que seul l’accompagnement spécialisé peut garantir l’effectivité des droits, et que le demandeur logé en CADA a cinq fois plus de chances de se voir attribuer la qualité de réfugié. En effet, les demandeurs d’asile hébergés sont accompagnés dans toutes les démarches administratives liées au séjour et à la demande de statut de réfugié pendant toute la durée de la procédure :
- démarches à la Préfecture pour le renouvellement des titres de séjour,
- aide à la constitution du dossier, information sur la procédure, suivi, préparation aux convocations de l’OFPRA et de la CRR.
- orientation pour un soutien médico-psychologique si nécessaire
- inscription ou transfert de dossiers CPAM, renouvellement CMU
- suppression de l’allocation d’insertion ASSEDIC
- inscription à l’ANPE (catégorie IV " main d’œuvre non disponible ") pour ouverture de droits ultérieurs
- ouverture d’un compte bancaire ou postal
- démarches en vue de l’obtention d’un titre de transport
- démarches en vue des examens de santé obligatoires à l’entrée au CADA (dans les 8 jours puis dans les 3 mois suivants l’entrée). On considère généralement qu’un CADA est bien géré avec, en moyenne, un ETP (équivalent temps plein) pour 10 hébergés. Le personnel socio-éducatif est souvent composé de titulaires du diplôme de conseiller en économie sociale et familiale, éducateurs spécialisés et des assistants sociaux.

ð la scolarisation des enfants et l’animation du centre

Le CADA est chargé d’aider les familles à accomplir les démarches liées à la scolarisation des enfants à partir de trois ans et jusqu’à seize ans, à rechercher des moyens pour l’organisation de soutien scolaire, avec l’Education nationale, des associations, des bénévoles… Il propose des activités diversifiées aux adultes et aux enfants fondées sur le volontariat (ateliers, activités, sorties, réunions…). Il s’occupe de l’initiation et de l’apprentissage du français, de la découverte de l’environnement extérieur…

ð la gestion de la sortie du centre

Le CADA doit veiller au respect du délai de sortie qui est d’un mois à compter de la réception de la réponse sur la demande d’asile. Il n’a pas pour mission de prendre en charge les dépenses occasionnées par les demandeurs d’asile déboutés : l’allocation sociale globale (ASG) est suspendue passé le délai d’un mois après la notification de rejet de la demande d’asile. De même, il ne peut pas préparer les dossiers en vue de nouvelles démarches : réouverture du dossier à l’OFPRA, demande d’asile territorial ou demande de régularisation. La sortie du CADA est un moment difficile pour les intéressés (notamment pour les déboutés), après un séjour prolongé. A cet effet, dès le début et tout au long de leur séjour, une préparation à la sortie du centre (quelle que soit l’issue de la procédure) doit être faite afin d’atténuer les effets douloureux du départ.

2 – Deux modalités différentes de gestion d’un CADA : hébergement en foyer ou hébergement éclaté ?

1) Le choix de l’hébergement en foyer : le cas du CADA APTM de Paris-Bercy . Le CADA APTM de Paris-Bercy accueille 250 personnes (80 en foyer sur le site de Bercy, 80 en foyer sur le site Léon Frot et 90 en hébergement éclaté). Pour ses responsables, l’hébergement éclaté est une conséquence sur Paris de la pénurie de logements mais leur choix principal reste de loger les demandeurs d’asile dans des foyers. Ce type d’hébergement permet au service social d’être sur le lieu de vie des hébergés et ainsi de les voir plus souvent, même pour des questions anodines. Un self qui fonctionne du lundi au vendredi est présent sur le site de Bercy. Il y a beaucoup d’animations de groupe (des repas et des soirées à thème, des comités de résidents qui permettent à ceux-ci d’échanger entre eux et de devenir « acteurs de leur quotidien »). Le but du foyer est de tirer avantage de la multiculturalité, du brassage culturel, pour apprendre à connaître son voisin, avec qui on partage des lieux de vie communs, alors que le studio peut parfois offrir la tentation pour la cellule familiale de se replier sur elle-même ou peut produire un sentiment d’isolement. => Inconvénients : Equipe sociale sollicitée pour régler des conflits inter-résidents, risque d’assistanat, possibilité d’une dynamique de groupe qui produit un blocage lors de la sortie d’une famille de déboutés.

2) Le choix de l’hébergement éclaté : le cas du CADA CASP de Paris Quand le CADA CASP de Paris a ouvert ses portes en mars 2001, c’était un foyer de 50 personnes. Beaucoup d’ateliers se faisaient à l’intérieur du centre. Or les responsables du CADA se sont aperçus que le relais devenait impossible à passer, que les gens n’allaient pas vers l’extérieur et qu’ils n’avaient pas toujours envie de participer aux ateliers prévus. Considérant que le but n’était pas de se rendre indispensable, ni de faire de l’assistanat, ils ont opté fin 2003 pour des appartements éclatés. Cela permettait selon eux un maintien de l’autonomie, le respect de la vie privée, un processus identitaire plus profitable à la famille, une meilleure intégration et un meilleur rapport avec l’environnement social extérieur. Désormais, l’animation se fait donc à l’intérieur des bureaux de la CADA, elle est plus fonctionnelle (ateliers d’information sur des thèmes qui touchent les demandeurs d’asile), les hébergés peuvent arriver avec des propositions d’animation. Les intervenants sociaux font des visites à domicile et notamment tous les vendredis après-midi. Ils développent des partenariats avec des associations de quartier et ont constitué un annuaire de manifestations gratuites. Ainsi, l’animation se fait principalement à l’extérieur du CADA, ce qui permet de tisser des réseaux sociaux à l’extérieur. => Inconvénients : isolement des résidents, difficultés plus grandes pour repérer les cas de détresse, coût des déplacements.

3 - La composition des coûts d’un CADA

Les CADA sont des structures hétérogènes, ce qui entraîne des différences de coûts. => Certains CADA sont spécialisés dans l’accueil de catégories particulières de populations. Les CADA peuvent être en résidences ou constitués d’un ensemble de logements répartis. Le gestionnaire peut être propriétaire (c’est le cas uniquement de la SONACOTRA) ou locataire (cas le plus fréquent, qui n’est d’ailleurs pas sans poser de sérieux problèmes pour l’entretien du parc immobilier puisque le budget d’un CADA ne compte pas de dépenses d’investissements).

Le financement de l’Etat est apporté sous forme d’une dotation globale annuelle, qui résulte d’une analyse contradictoire d’un projet de budget basé sur ces variables. Les crédits d’Etat sont déconcentrés au niveau des DDASS. Le coût de 24,82 euros par personne et par jour (base 2005) qui est utilisé pour déterminer l’enveloppe est donc un prix moyen de référence. => Ce chiffre recouvre l’hébergement et la nourriture (environ 40 %), l’accompagnement social, le transport vers l’OFPRA, le financement des éléments de la scolarisation des enfants et le versement d’une allocation sociale globale pour le financement des petites dépenses de la vie quotidienne. Les frais de personnel s’élèvent à 40 % du coût. Enfin, l’amortissement et les frais de structure constituent les 20 % restants. On notera que par comparaison, une place en CHRS revient à presque 40 euros.

Un CADA ne peut pas recevoir d’autres subventions que celles qu’il touche par la DDASS. => Par exemple, les subventions offertes par le Fonds Européen pour les Réfugiés – FER – sont déduites de la dotation globale et il est plus intéressant pour une association de signer une convention avec l’Etat qui assure une existence pérenne au centre d’au moins 15 ans qu’avec le FER dont les subventions ne sont valables que pour une année. Pour assurer des activités, comme l’apprentissage du français, qui ne sont pas incluses dans la dotation globale, il doit se tourner vers des associations bénévoles ou proposant des contributions modestes aux demandeurs d’asile. De même, il peut négocier des actions ponctuelles, comme la gratuité des transports urbains, avec les collectivités locales mais celles-ci ne sont pas obligées d’accepter. La dotation donnée par l’Etat est souvent perçue comme faible par les travailleurs sociaux qui doivent se débrouiller ou compter sur des bénévoles pour améliorer le quotidien des demandeurs d’asile hébergés en CADA.

III / Les conséquences des politiques de l’Etat sur la gestion des CADA 1 – D’une gestion de l’attente à une gestion des sorties

Quelques chiffres En 2004, au CADA APTM de Paris-Bercy, ce sont 284 personnes qui ont été prises en charge pour un séjour d’une durée moyenne de 180 jours. Le taux de reconnaissance du statut de réfugié pour les hébergés dans ce CADA était d’environ 65 %. Aujourd’hui, sur 250 personnes hébergées dans le centre, il y a une vingtaine de dossiers (= personne isolée, couple, famille) statutaires et une quinzaine de dossiers déboutés. Au niveau national, il y a une moyenne, qui peut être très différente selon les CADA, de 22 % de réfugiés et 18 % de déboutés dans les CADA en 2004.

Avec l’accélération des procédures et la présence constante de statutaires, les objectifs de l’animation en CADA ont évolué. Il ne s’agit plus seulement de gérer l’attente (proposer des activités pour occuper les demandeurs d’asile, qui ne peuvent pas travailler) mais bien de développer le réseau social des hébergés, un réseau mobilisable à la sortie du centre. Il faut rappeler que plus les délais de sortie des réfugiés sont courts, plus vite des demandeurs d’asile primo-arrivants peuvent rentrer en CADA et bénéficier d’un accompagnement spécifique. Cette question est donc un des enjeux majeurs actuellement.

Le problème des statutaires : pallier l’insuffisance de CPH Pour les réfugiés statutaires, la sortie d’un CADA est difficile. D’abord parce qu’il existe une forte pénurie de places en CPH. Ensuite parce que, même si on leur propose une place en CPH, celle-ci se trouve souvent dans un lieu éloigné du CADA, ce qui oblige le demandeur d’asile à reprendre un nouveau départ, à retisser des liens affectifs dans un autre lieu, donc ce qui produit une nouvelle fois une déstructuration de la personne. Face à cela, beaucoup de réfugiés refusent d’aller en CPH. Or, le CADA n’est pas équipé pour insérer une personne (contrairement au CPH dont c’est la mission), les travailleurs sociaux n’ont pas forcément les réseaux à même de faciliter la sortie d’un réfugié (pour lui trouver un travail et un logement notamment), et s’ils l’ont, ils n’ont pas forcément le temps de s’occuper de l’insertion des réfugiés statutaires, en plus de l’accompagnement des demandeurs d’asile.

Le problème des déboutés : trouver une solution digne à la sortie Pour les déboutés, la sortie du CADA est aussi un moment pénible. C’est la fin des illusions. Ils doivent y être préparés tout au long du séjour mais le choc est quand même là. La plupart des CADA essayent de trouver une sortie digne pour les déboutés : un hôtel digne, une prise en charge par le SAMU social ou par l’Ordre de Malte, l’utilisation de l’aide au retour (peu fréquente). Les responsables du CADA, même s’ils ont théoriquement un mois pour les faire sortir du centre, prolongent tant qu’ils peuvent le séjour afin de ne pas les mettre à la rue mais si la situation s’éternise, ils doivent être fermes afin de ne pas créer un précédent.

La vision mécaniste qui consiste à croire que l’accélération des procédures va entraîner une accélération des flux dans les centres d’accueil est simpliste. Pour améliorer la fluidité du dispositif d’hébergement, il faut non seulement augmenter les places en CADA, mais encore s’occuper du relogement des réfugiés, en augmentant par exemple les capacités des CPH. A défaut, ce sont les travailleurs sociaux des CADA qui voient leurs missions évoluer sans en avoir forcément les moyens.

2 – Les associations sont-elles devenues des partenaires ou des prestataires de politiques publiques pour l’Etat ? La souplesse associative Pour l’Etat, impliquer les associations dans la gestion du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile est un moyen de s’adapter aux besoins locaux en déléguant le travail à des professionnels de terrain. L’avantage pour l’Etat de confier la gestion des CADA à des associations est que d’une part le statut associatif a davantage de légitimité aux yeux de la population que ne pourrait en avoir un service d’Etat et d’autre part qu’elles sont proches à la fois du terrain, des acteurs, des problèmes et disposent donc davantage de souplesse que les structures administratives. Les objectifs de l’administration sont totalement différents de ceux des associations : l’administration doit faire respecter la loi tandis que les associations se donnent pour mission de soulager le malheur humain. La vocation et la proximité des associatifs constituent de réels avantages pour traiter plus efficacement les problèmes qui se posent aux demandeurs d’asile. Les associatifs font du cas par cas, écoutent les histoires de chacun, ce que ne peut faire le bureaucrate. Dès lors, travailler en adoptant une attitude proche et compréhensive justifie l’efficacité des associatifs auprès des demandeurs d’asile.

Une capacité d’interpellation réelle mais limitée Les associations conservent une capacité d’interpellation des pouvoirs publics, comme le prouve leur rôle dans l’augmentation des places de CADA, mais leur liberté d’action est restreinte car elles reçoivent leurs subventions en grande partie de l’Etat qui exerce son contrôle par l’intermédiaire des DDASS. Si une DDASS peut difficilement retirer la gestion d’un CADA à une association, elle peut en revanche la sanctionner en ne lui attribuant pas d’autre gestion de CADA.

Un partenariat où l’Etat reste dominant Même si les associations sont considérées comme des partenaires à part entière (tous les partenaires institutionnels affirment leur utilité et leur efficacité et leur rôle tend à augmenter avec leur participation croissante aux Commissions locales d’admission), elles sont souvent plutôt traitées comme des prestataires de politiques publiques. En effet, c’est toujours l’Etat qui définit les modalités de gestion des CADA. Elles doivent exécuter les circulaires et se contenter des financements attribués . Cependant, il est à noter que la création du dispositif d’accueil a pris appui sur des éléments existants antérieurement ; un regroupement d’associations est souvent à l’origine d’un dispositif local d’accueil . Ainsi, l’action associative a parfois précédé l’intervention des pouvoirs publics puisque les associations prenaient déjà en charge l’accueil des réfugiés dès les années cinquante.

Conclusion : Une dérive possible des CADA ? Pendant longtemps, les politiques ont considéré que la pénurie de places en centre d’accueil pouvait avoir un effet dissuasif sur les demandeurs d’asile. Or la demande d’asile n’a cessé d’augmenter en France depuis la fin des années 1990. Au contraire, en Allemagne, où l’hébergement est obligatoire dès le début de la procédure, où les centres d’hébergement sont gérés par les Länder et non le secteur associatif et où les entrées et sorties du centre sont contrôlées, cette demande a diminué. Peut-être la proposition n°11 du rapport d’information n°2448 sur l’évolution des coûts budgétaires des demandes d’asile (hébergement, contentieux, contrôle aux frontières) (Yves Deniaud, Augustin Bonrepaux - mission d’évaluation et de contrôle) montre que désormais la France se dirige vers un système à l’allemande où l’hébergement en CADA deviendrait obligatoire. De plus, la reprise en main du dossier de l’immigration et de l’asile par le Ministère de l’Intérieur et sa volonté de rendre effectives et de multiplier les reconduites à la frontière pourraient assigner un rôle pervers aux CADA. En effet, l’hébergement systématique en CADA permettrait une localisation immédiate de tous les déboutés présents sur le territoire et faciliterait l’application drastique des mesures d’éloignement du territoire. Entretiens réalisés

6 entretiens in situ + 3 entretiens téléphoniques • Un responsable de la CIMADE, 45 minutes. • Un Inspecteur de l’action Sanitaire et Sociale, Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de Paris, 1h10. • La responsable de la coordination des CADA et plates-formes FTDA, 30 minutes (entretien téléphonique). • Le responsable du Pôle Accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés à l’ANAEM, 1h. • Une personne de la Direction de la Population et des Migrations, bureau ACI3, 1h20. • La responsable de service du CADA CASP de Paris, 40 minutes (entretien téléphonique). • L’assistante de service social du CADA APTM de Paris, 30 minutes + 25 minutes (entretien téléphonique). • La responsable des CADA à la SONACOTRA, 45 minutes.

Bibliographie Ouvrages • Gisti, Guide de l’entrée et du séjour des étrangers en France, éditions La Découverte, nouvelle édition, février 2005. • M. CHRETIN, M. DELANNOY, Etude sur les Demandeurs d’Asile et les Déboutés du Droit d’Asile en Région Parisienne : Accueil, Orientation, Hébergement, Accès aux Soins, Master Professionnel Economie du Développement et Analyse de Projets, CERDI, Université d’Auvergne, Juin 2005, 102 p., disponible à l’adresse : http://terra.rezo.net/IMG/doc/CHRET.... • E. DEYSIEUX, Gérer l’arrivée des demandeurs d’asile politique : du national au local. Etude du dispositif d’accueil Bordelais, Maîtrise de Sociologie, Université de Bordeaux 2, 2003, 86 p., disponible à l’adresse : http://terra.rezo.net/sourcesetdocu.... • L. MILLIAT, L’accueil des demandeurs d’asile : la politique dissuasive de la France – Etude sur l’agglomération lyonnaise, IEP Grenoble, 2002, 129 p., disponible à l’adresse : http://terra.rezo.net/sourcesetdocu.... • M. SANTAMARIA, La mise en œuvre d’une politique publique par des entrepreneurs de cause : L’exemple de la politique d’asile et d’accueil des réfugiés et l’association Forum Réfugiés, IEP Aix-Marseille / Université d’Aix-Marseille III, Mémoire de DEA de Science politique comparative, 2002, 118 p., http://terra.rezo.net/sourcesetdocu....

Articles • F. BOITARD, « L’Etat et les associations, entre méfiance et allégeance », in Hommes et Migrations, n°1229, janvier-février 2001, disponible à l’adresse : http://www.hommes-et-migrations.fr/.... • F. BOURGEOIS, S. EBERMEYER et M. SEVIN, « L’hébergement des demandeurs d’asile à Lyon : pratiques locales et devenir des demandeurs », in Revue française des Affaires sociales, n°4, oct-déc 2004. • O. BRACHET, « La dégradation des conditions d’accueil des réfugiés en France », in Problèmes politiques et sociaux, n° 880, 13 septembre 2002, p. 53, d’après Olivier Brachet (Directeur de Forum Réfugiés, Lyon.), « La condition du réfugié dans la tourmente de la politique d’asile », in « Les frontières du droit d’asile », Hommes et migrations, n° 1238, juillet-août 2002, pp. 52-56 (extrait). • A. M. CAMDESSUS, « Déconcentration de la gestion des admissions en CADA et mise en place d’une mission de péréquation interdépartementale confiée aux préfets de région (DRASS) », in La lettre de la DPM, n°56, février-mars 2004, disponible à l’adresse : http://www.social.gouv.fr/htm/dossi.... • A. CHTAÏBAT, « Accueillir les demandeurs d’asile en CADA », in Proasile, n°9, novembre 2003. • P. DEYMONNAZ, « Centre d’accueil de demandeurs d’asile : un refuge après l’exil », in Horizon, n°35, janvier-février-mars 2001, disponible à l’adresse : http://www.sonacotra.fr/horizon/hor.... • C. DOUESNARD, « Non-CADA, non événement ? », in Particule n°16, décembre 2003, disponible à l’adresse : http://canalvilaine.free.fr/particu.... • J.B. KOUDRINE, « Les demandeurs d’asile logés au rabais », in Particule n°14, avril-mai 2003, disponible à l’adresse : http://canalvilaine.free.fr/particu... • J.P. PENEAU, « L’accueil des demandeurs d’asile, un dispositif sous dimensionné », in Proasile, n°9, novembre 2003. • N. RAULIN, « Demandeurs d’asile : l’Etat laisse l’ardoise aux associations », in Libération, 22 juillet 2005. • S. VETILLARD, « Quel quotidien pour les demandeurs d’asile de la Massaye ? », in Particule n°17, mars 2004, disponible à l’adresse : http://canalvilaine.free.fr/particu.... • C. WIHTOL DE WENDEN, « Les conditions d’accueil et les droits sociaux des réfugiés en France : un système engorgé, un traitement inégalitaire », Problèmes politiques et sociaux, n° 880, 13 septembre 2002, p. 57. • F. WORMSER, « Contractualisation avec les acteurs du logement », in La lettre de la DPM, n° 58, décembre 2004, disponible à l’adresse : http://www.social.gouv.fr/htm/dossi.... • « Accueil des demandeurs d’asile : une situation de crise », Accueillir, n°227, octobre 2000. • « Asile et réfugiés », supplément du n°58 de La lettre de la DPM, décembre 2004, disponible à l’adresse : http://www.social.gouv.fr/htm/dossi.... • « Quel accueil pour les demandeurs d’asile ? », in Lien social, n°709, 13 mai 2004. • « Formation linguistique et intégration socioprofessionnelle des réfugiés », in Migrations Etudes, n°110, novembre-décembre 2002, disponible à l’adresse : http://www.adri.fr/me/pdf/me110.pdf.

Publications associatives • APTM, « Le CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile) », disponible à l’adresse : http://www.aptm.fr/htfr/services/ca.... • CANTARA (groupe de Rencontre sur l’Exil et la Migration), « Annuaire : centre d’accueil de demandeurs d’asile : CADA », disponible à l’adresse : http://www.cantara-grem.org/modules.... • Coordination Française pour le Droit d’Asile (CFDA), « Conditions d’accueil des demandeurs d’asile : lettre au Premier ministre et au ministre des Affaires sociales, du travail et de la solidarité », 7 juillet 2003, disponible à l’adresse : http://cfda.rezo.net/Accueil/com-07.... • Coordination Française pour le Droit d’Asile (CFDA), « Transposition de la directive accueil : des chantiers encore ouverts », avril 2005, disponible à l’adresse : http://cfda.rezo.net/Accueil/note.d.... • Coordination Française pour le Droit d’Asile (CFDA), « Communiqué : Conditions d’accueil des demandeurs d’asile : une urgence qui dure », 28 avril 2005, disponible à l’adresse : http://cfda.rezo.net/Accueil/com-28.... • European Council on Refugees and Exiles (ECRE), “The EC Directive on the Reception of Asylum Seekers : Are asylum seekers in Europe receiving material support and access to employment in accordance with European legislation ?”, 3 novembre 2005, disponible à l’adresse : http://www.ecre.org/positions/Recep.... • Forum Réfugiés, « Le Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) », disponible à l’adresse : http://www.forumrefugies.org/pages/.... • France Terre d’Asile (FTDA), « Enquête sur les avantages et les inconvénients du CADA en structure éclatée », octobre 2002. • France Terre d’Asile (FTDA), « Asile en France : Bilan de l’hébergement des demandeurs d’asile et des réfugiés en 2002 », Les cahiers du social, n°2, mars 2003. • France Terre d’Asile (FTDA), Rapport d’activité 2004, disponible à l’adresse : http://www.ftda.net/IMG/pdf/ftda_bi....

Documents officiels • Assemblée nationale, Rapport d’information n°2448 présenté par Mme Marie-Hélène des ESGAULX sur l’évolution des coûts budgétaires des demandes d’asile (hébergement, contentieux, contrôle aux frontières), disponible à l’adresse : http://www.assemblee-nationale.fr/1...]. • Assemblée nationale, Rapport n°2568 fait au nom de la Commission des Finances, de l’Economie générale et du plan sur le projet de loi de finances pour 2006 par Mr Gilles CARREZ, Annexe n°34 : Solidarité et intégration : accueil des étrangers, disponible à l’adresse : http://www.assemblee-nationale.fr/1.... • Circulaire n°91-22 du 19 décembre 1991 relative à la réorganisation du dispositif national d’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile. • Circulaire MES/DPM n°99-399 du 8 juillet 1999 relative aux procédures d’admission dans le dispositif national d’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile, disponible à l’adresse : http://www.sante.gouv.fr/adm/dagpb/.... • Circulaire MES/DPM n°2000-170 du 29 mars 2000 relative aux missions des centres d’accueil pour demandeurs d’asile, disponible à l’adresse : http://www.sante.gouv.fr/adm/dagpb/.... • Circulaire DPM/ACI3 n°2003-605 du 19 décembre 2003 relative à la déconcentration de la programmation des ouvertures de places de CADA au niveau régional et de la gestion des admissions en CADA. • Direction de la Population et des Migrations, rapport d’activité 2003, disponible à l’adresse : http://www.social.gouv.fr/htm/dossi.... • Directive européenne -2003/9/CE- du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l’accueil des demandeurs d’asile dans les Etats membres, disponible à l’adresse : http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr.... • EUROPA, Justice et affaires intérieures, « Garantir aux demandeurs d’asile dans l’Union européenne un niveau de vie décent et limiter leurs mouvements d’un Etat membre à l’autre, lorsque ces mouvements sont uniquement motivés par la diversité des conditions d’accueil. », disponible à l’adresse : http://europa.eu.int/comm/justice_h.... • Ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement, Convention type de cofinancement CADA par le Fonds européen pour les Réfugiés (FER), disponible à l’adresse : http://www.social.gouv.fr/htm/dossi....

 


.

.

.

TERRA-Editions

La collection "Synthèses" de TERRA-Editions(http://terra.rezo.net) publie des "notes de synthèse" sur des sujets d’actualité. Il s’agit de textes très courts (quelques pages) issus de démarches très diverses : présentation d’une étude ou d’un rapport, compilation de données existantes, témoignage d’une expérience individuelle ou collective, note de lecture, compte-rendu d’une recherche d’informations...

Pour voir les autres textes de la collection : sommaire


(GIF) Chaque texte publié par TERRA-Editions est placé sous copyright de son ou ses auteur(s) et sous licence "Creative Commons" dont les règles sont présentées à cette adresse : http://creativecommons.org/licenses...

Par ailleurs sur TERRA

.

Pour approfondir sur ce sujet, vous trouverez sur TERRA :
- Programme de recherche : ASILES
- Programme de recherche : TRANSGUERRES
- Axe de travail : Asile sociétal : l’accueil sans ou contre l’Etat
- TERRA-Editions :Quand l’espace humanitaire devient une zone de guerreComment est géré un Centre d’Accueil de Demandeurs d’AsileL’accueil étatisé des demandeurs d’asilecomment a évolué récemment le rôle de France Terre d’Asileoù en est le HCR ?La main gauche de l’EmpireL’humanitaire contre l’Etat – tout contreLe gouvernement humanitaire et la politique des réfugiésLe HCR au Marocart
- Livres choisis :Droit d’asile, au NON de quoi ?

.

Appel du réseau TERRA

Identité nationale et immigration :
inversons la problématique !


Donnez lui force, signez cet appel et faites le signer !
Publiez le à la Une de votre site, diffusez le sur vos listes de discussion...
En ligne : http://terra.rezo.net/article602.html


Dernière modification le 9 juin 2007 à 18h37

Répondre à cet article

3 Messages de forum

  • N°3 - Audrey VAN ERKELENS

    16 juillet 2008 07:22, par xiaohua

    小家电设计就是家用电器的简称。电器狭义上是指电路上的负载以及用来控制、调节或保护电路、电机等的设备,如扬声器、开关、变阻器、熔断器等。广义上的电器是指使用电气元件组合而成的进行工作的产品,通常他们使用电力作为能量来源。
    工业设计公司
    产品外观设计
    产品包装设计建(构)筑物的结构设计建(构)筑物包括上部结

    构设计和基础设计。根据建筑设计来确定结构形式,结构布置,进行建筑各个构件的结构设计,选用材料类型、标号等,确定构件的截面尺寸,配筋信息等。此外还包括某些构造措施产品结构设计
    浙江工业设计

    千岛湖 千岛湖天晴时能见度最高达12米,水质达到国家I类地面水标准,正常湖区高水位108米,库容量为178.4亿立方米,相当于3184个西湖的容量。湖水水位落差很大,最深处达100米,平均深度34米。

    千岛湖住宿千岛湖从水面到以下10米处,水温在10℃—30℃之间来回变动,为变温层,10—25米之间为温跃层,水温随深度发生变化,以7—8月变化最显著,大约从26℃降到10℃,水深每降1米,水温下降1℃,1月水温变化不显著,从水面到25米都为10℃,从水深25米至湖底为滞温层,水温常年保持稳定,其中上半年滞温层为25米以下,下半年35米以下,水温常年保持在10℃左右。

    Répondre à ce message

  • N°3 - Audrey VAN ERKELENS

    16 juillet 2008 10:48, par fdsf

    杭州德利科技生产经销过程校验仪产品,提供各种规格的过程校验仪.欢迎前来咨询索取过程校验仪参数表 !

    防腐木、碳化木杭州馨艺景观防腐木供应商,承接防腐木桥、防腐木屋、防腐木景观工程以及别墅绿化、防腐护栏、碳化木、私家花园等各种防腐木工程.

    反应釜、实验用反应釜不锈钢反应釜.威海汇鑫化工机械有限公司专业反应釜生产企业,反应釜领域最为专业的反应釜供应商之一

    馨艺景观设计承接私家花园设计施工,我们拥有优秀的设计人员和良好的施工队伍为你量身定制私家花园专属领地 !

    威海汇鑫化工机械有限公司主要生产各种大、中、小型磁力反应釜、 聚合釜、高压釜以及各种高压磁力反应釜、实验用反应釜。——. 生产技术支持:开原化工机械有限公司

    波纹管,金属软管,四氟软管,波纹管接头.姜堰市悦达波纹管公司生产各种规格材质的金属软管,波纹管等产品.金属软管系列产品畅销国内外 !

    悦达公司是生产不锈钢软管、波纹膨胀节、金属软管、橡胶软管、聚四氟乙烯软管的专业公司。公司拥有专业的技术人员、先进的设备和一套完善的检测手段,其波纹管,金属软管系列产品广泛适用于石化、冶炼、航空航天、建筑、电力、供热管道、机械制造等行业。

    杭州馨艺景观设计公司打造别墅绿化第一品牌,专业的别墅绿化设计和高素质的施工队伍为你打造接近自然生态的别墅绿化效果.

    威海汇鑫化工机械有限公司钛反应釜第一品牌,主要产品有 :不锈钢反应釜、钛反应釜、磁力反应釜、反应釜等等.公司的钛反应釜,反应釜系列产品畅销国内外市场

    杭州馨艺景观设计公司打造防腐木工程第一品牌,承接各种防腐木工程 !公司拥有高素质的施工队伍打造出众多样板防腐木工程,在业内有较高的知名度.

    馨艺景观设计承接各种防腐木亭、防腐木屋等防腐木景观工程.防腐木亭以其美观大方坚固耐用防腐蚀性好近年来被广泛应用于景观建设中

    真空泵、自吸泵建德市科技实验厂真空泵专家.始终致力于自吸泵,真空泵,水喷射真空泵系列产品研发和制造。欲打造自吸泵,真空泵行业领先品牌

    液晶显示模块是一种将液晶显示器件、连接件、集成电路、PCB线路板、背光源、结构件装配在一起的组件.英文名称叫“LCD Module”,简称“LCM”,中文一般称为“液晶显示模块” .

    Voir en ligne : sefg

    Répondre à ce message

  • N°3 - Audrey VAN ERKELENS

    18 juillet 2008 11:52, par fdsf

    Hangzhou Deli technology production distribution Process calibrator products, providing a variety of process calibrator. Welcome to the Advisory parameters ...

    Paperless Recorder Low Cost Paperless Recorder,Supply Paperless Recorder,Easy use,good quality !One of the best paperless.

    威海汇鑫化工机械有限公司专业实验用反应釜生产企业,主要产品有 :不锈钢反应釜、反应釜、实验用反应釜等等.公司的实验用反应釜,反应釜系列产品在市场有着良好的口碑

    防腐木花架以其美观防腐蚀等特性被广泛应用于景观工程,杭州馨艺景观设计公司生产安装防腐木花架,防腐木花箱,防腐木屋,拥有一支高素质的施工队伍.

    杭州德利科技有限公司经营生产无纸记录仪,汽油辛烷值测定仪,智能电量测量仪等,其销售的无纸记录仪,汽油辛烷值测定产品以其优越的性能广受好评!

    在线ph计、工业在线ph计.杭州德利科技是国内规模较大的集生产销售在线ph计一体的综合性公司,始终走在在线ph计行业前沿!

    威海汇鑫化工机械有限公司不锈钢反应釜供应商,主要产品有 :不锈钢反应釜、反应釜、实验用反应釜等等.公司的不锈钢高压反应釜,不锈钢反应釜系列产品有着很高的市场占有率

    杭州德利科技生产经销过程校验仪产品,提供各种规格的过程校验仪.欢迎前来咨询索取过程校验仪参数表 !

    防腐木、碳化木杭州馨艺景观防腐木供应商,承接防腐木桥、防腐木屋、防腐木景观工程以及别墅绿化、防腐护栏、碳化木、私家花园等各种防腐木工程.

    反应釜、实验用反应釜不锈钢反应釜.威海汇鑫化工机械有限公司专业反应釜生产企业,反应釜领域最为专业的反应釜供应商之一

    馨艺景观设计承接私家花园设计施工,我们拥有优秀的设计人员和良好的施工队伍为你量身定制私家花园专属领地 !

    威海汇鑫化工机械有限公司主要生产各种大、中、小型磁力反应釜、 聚合釜、高压釜以及各种高压磁力反应釜、实验用反应釜。——. 生产技术支持:开原化工机械有限公司

    波纹管,金属软管,四氟软管,波纹管接头.姜堰市悦达波纹管公司生产各种规格材质的金属软管,波纹管等产品.金属软管系列产品畅销国内外 !

    悦达公司是生产不锈钢软管、波纹膨胀节、金属软管、橡胶软管、聚四氟乙烯软管的专业公司。公司拥有专业的技术人员、先进的设备和一套完善的检测手段,其波纹管,金属软管系列产品广泛适用于石化、冶炼、航空航天、建筑、电力、供热管道、机械制造等行业。

    杭州馨艺景观设计公司打造别墅绿化第一品牌,专业的别墅绿化设计和高素质的施工队伍为你打造接近自然生态的别墅绿化效果.

    威海汇鑫化工机械有限公司钛反应釜第一品牌,主要产品有 :不锈钢反应釜、钛反应釜、磁力反应釜、反应釜等等.公司的钛反应釜,反应釜系列产品畅销国内外市场

    杭州馨艺景观设计公司打造防腐木工程第一品牌,承接各种防腐木工程 !公司拥有高素质的施工队伍打造出众多样板防腐木工程,在业内有较高的知名度.

    馨艺景观设计承接各种防腐木亭、防腐木屋等防腐木景观工程.防腐木亭以其美观大方坚固耐用防腐蚀性好近年来被广泛应用于景观建设中

    真空泵、自吸泵建德市科技实验厂真空泵专家.始终致力于自吸泵,真空泵,水喷射真空泵系列产品研发和制造。欲打造自吸泵,真空泵行业领先品牌

    液晶显示模块是一种将液晶显示器件、连接件、集成电路、PCB线路板、背光源、结构件装配在一起的组件.英文名称叫“LCD Module”,简称“LCM”,中文一般称为“液晶显示模块” .

    凡是从设备中抽出气体,使设备内部达到真空的机械称为真空抽气机或真空泵。从结构上真空泵大致可分为:往复式真空泵、回转式真空泵和水喷射真空泵等。1、往复式真空泵。往复式真空泵适用于抽送不含固体颗粒、无腐蚀性的气体。这种真空泵的抽气速率较大,真空度较高。故在化工厂中广泛应用。但其结构复杂,维修量大。

    普通离心泵,若吸入液面在叶轮之下,启动时应预先灌水,很不方便。为了在泵内存 水, 吸入管进口需要装底阀,泵工作时,底阀造成很大的水力损失。所谓自吸泵,就是在启动前不需灌水(安装后第一次启动仍然需灌水),经过短时间运转,靠泵本身的作用,即可以把水吸上来,投入正常工作。

    自吸泵按作用原理分为以下几类:

    1.气液混合式(包括内混式和外混式); 2.水环轮式; 3.射流式(包括液体射流和气体射流)。

    气液混合式水喷射真空泵的工作过程:由于自吸泵泵体的特殊结构,水泵停转后,泵体内存有一定量的水,泵再次启动后由于叶轮旋转作用,吸入管路的空气和水充分混合,并被排到气水分离室,气水分离室上部的气体溢出,下部的水返回叶轮,重新和吸入管路的剩余空气混合,直到把泵及吸入管内的气体全部排出,完成自吸,并正常抽水。水环轮式自吸泵是将水环轮和水泵叶轮组合在一个壳体内,借助水环轮将气体排出,实现自吸。当泵正常工作后,可通过阀截断水环轮和水泵叶轮的通道,并且放掉水环轮内的液体。射流式自吸泵,由离心泵和射流泵(或喷射器)组合而成,依靠喷射装置,在喷嘴处造成真空实现抽吸。

    普洛康裕制药有限公司通过将反应产生的废物综合利用、工艺废气吸收利用、工艺技改割除尾气、更换全封闭式旋流板塔以及割除锅炉烟气排放等方式,对全厂废气集中进行整治,

    JZJS型真空机组是以普通罗茨水喷射真空泵为主泵,以双级水环式真空泵为前级泵,通过压力继电器或电接点真空表,来实现罗茨泵水环泵的自动启闭,自动过载保护的成套真空获得设备。它除了具有一般罗茨真空泵机组的一些特点外,由于采用水环式真空泵作前级泵,因此,它特别适用于抽除含较多蒸汽及有一定腐蚀性气体的工业流程中。例如:化工产品的真空蒸馏、真空蒸发、脱水结晶;轻纺工业的涤纶切片干燥;食品工业的冷冻干燥等工艺均可采用。

    全国防腐设备产业三分之一在浙江,而浙江的防腐企业绝大部分在建德。上个世纪80年代初,建德正是我国聚丙烯设备的研发、规模化生产的发轫之地。经过20多年的发展,尽管在建德星罗棋布三四十家防腐企业,但因为多种原因,建德始终没有形成像义乌、永康、温州、海盐一样的以某个产业为链条的块状经济。小散乱严重阻碍了这个产业的发展,也形成了市场的无序竞争。

    (废气吸收)尾气吸收装置采用降膜吸收器填料吸收塔水喷射真空机组、酸泵、贮罐为主要设备,采用先进的逆向吸收工艺流程,主要用于吸收HCL气体制备盐酸,也可作SO2、NH3、P2O5、H2S等气体的回收、处理,该装置集吸收、冷却、制酸为一体,全过程应系统需要可在密封或负压下进行,安全无泄漏。系统采用循环吸收法,吸收率可达98%-100%,浓度达30%以上(如有冷冻盐水效果更佳),是化工生产中尾气吸收和废气处理的首选产品。

    换热器是将热流体的部分热量传递给冷流体的设备,又称热交换器。换热器的应用广泛,日常生活中取暖用的暖气散热片、汽轮机装置中的凝汽器和航天火箭上的油冷却器等,都是换热器。它还广泛应用于化工、石油、动力和原子能等工业部门。它的主要功能是保证工艺过程对介质所要求的特定温度,同时也是提高能源利用率的主要设备之一。

    填料塔是以塔内的填料作为气液两相间接触构件的传质设备。填料塔的塔身是一直立式圆筒(如上图所示),底部装有填料支承板,填料以乱堆或整砌的方式放置在支承板上。填料的上方安装填料压板,以防被上升气流吹动。液体从填料吸收塔顶经液体分布器喷淋到填料上,并沿填料表面流下。气体从塔底送入,经气体分布装置(小直径塔一般不设气体分布装置)分布后,与液体呈逆流连续通过填料层的空隙,在填料表面上,气液两相密切接触进行传质。

    浙江省建德市科技实验厂真空计量罐供应商,PPJ系列聚丙烯真空计量罐是公司新推出的一款优异性能的真空计量罐产品。设计科学、结构合理、安全可靠

    动平衡机是用来测量机械的旋转工件(转子)动不平衡量的大小和相位的专用设备。根据动平衡机测量结果对转子的不平衡量进行校正,使转子旋转时产生的振动或作用于轴承上的振动减少到允许的范围内,以达到减少振动、改善性能和提高产品质量的目的。

    悦达波纹管有限公司是生产不锈钢软管、波纹膨胀节、金属软管、橡胶软管、聚四氟乙烯软管的专业公司。公司拥有专业的技术人员、先进的设备和一套完善的检测手段,其波纹管,金属软管系列产品广泛适用于石化、冶炼、航空航天、建筑、电力、供热管道、机械制造等行业。

      公司生产的金属软管符合 标准,具有质量轻、耐腐蚀、抗疲劳、耐高压、柔性好占地少等特点。并承接非标接头的金属软管如:英制螺纹、多层网套、快速接头等。

    波纹补偿器,又称膨胀节,按美国 ETMA 、 ASME 和我国 GB/T12777-1999 标准设计、该产品结构紧凑,承受压力强、补偿量大、能承受各向位移,并具有降噪、减振的作用。

      注重管理、狠抓质量、强化服务是我们永久不变的追求,在各界用户朋友的关心支持下,公司不断发展壮大。江苏姜堰市悦达波纹管有限公司先后获得“ ISO9002 ”国际认证、“全国质量管理达标企业”、“重合同守信用企业”、“质量信得过企业”、“企业管理先进单位”等殊荣。

      我公司意就金属软管、波纹补偿器、波纹管、聚四氟乙烯补偿器的理论研究,在非标设计、管网布局及产品造型等诸多方面,同国内外设计、承包、使用单位密切合作共创管路系统的双优工程

    弘泰除湿设备专家从事仓库除湿机,商用除湿机、除湿机、抽湿机、除湿器等空气除湿设备开发、制造并销售最可靠的、安全易用的技术产品,所生产的仓库除湿机,商用除湿机质量上乘,品质高,帮助全球客户和合作伙伴取得成功。联系电话:+86 571 28852588

    防爆空调根据结构形式可分为窗式空调、挂式空调和柜空调根据功能可分为单冷型和冷暧型。我公司的防爆空调在国内品牌机的基础上进行防爆处理,防爆性能可靠,且对空调本身的制冷或制暧无影响. 由于空调型式结构多样,

    不少市民表示,价格因素是制约他们选购除湿机的最大因素,买台抽湿机的价格足够买一台空调了,而且空调不仅可以制冷、制热,也有除湿功能。为此,业内有人士则表示,由于空调机是固定的,而且只能在局部小面积范围除湿,更重要的是空调机除湿时会增加几倍的负荷运行,不但容易耗费

    移动空调作为空调行业的新品种,进入中国市场大约二年多的时间,移动空调实质上是把普通空调的内外机合成一体的空调,没有室外机,不需要专业安装,通过压缩机的制冷,利用排风管排出热风,达到局部区域降温的效果。

    Voir en ligne : 防腐木

    Répondre à ce message

A lire dans la même rubrique :




[ Imprimer cet article ] [ Haut ]_

__